VIA DE LA PLATA

Pierre Roussel

« LA RUTA de la PLATA, »
un Chemin qui nous vient de bien loin :
« Iter ab Emerita Asturicam » : de SEVILLE vers ASTORGA.

« VADE-MECUM » Cette locution latine est une invitation à cheminer ensemble sur cette voie mythique et à redécouvrir sous la poussière des siècles écoulés tout un inventaire de connaissances que l’évocation de ses gloires passées ressuscitera


« Prendre les témérités, » c’est ainsi, selon Carmen Bernand, que la langue quechua traduit l’émotion qui étreint le voyageur au moment de s’engager sur une route nouvelle. « Ce vertige des marges, » le pèlerin ne peut s’empêcher de le ressentir avant de se lancer sur la « Via de la Plata » en évoquant les difficultés annoncées : « Maraton de soledad, pesadillas de peregrino, » longueur, difficulté et monotonie des étapes sur de mauvais chemins où il lui faudra éviter les crocs des chiens et les cornes des taureaux, absence totale ou caractère sommaire des « albergues, » sévérité d’un climat éprouvant qui va alterner selon l’époque, la région ou simplement par caprice, vent glacial, pluie, ou canicule …

La Cathédrale de Séville en ce matin de Pâques sera mon point de départ. Elle abrite le mausolée de Christophe Colomb à qui on attribue ce propos : "On ne va jamais aussi loin que lorsqu’on ne sait pas où l’on va." Voilà qui pourrait s’appliquer aussi bien à la découverte d’un nouvel itinéraire qu’à l’exploration de la vie intérieure ! « Les vrais voyageurs sont ceux là seuls qui partent pour partir, ceux là dont les désirs ont la forme des nues et qui rêvent ... de vastes voluptés, changeantes, inconnues et dont l’esprit humain n’a jamais su le nom. » (Charles Baudelaire)

D’ailleurs, l’appellation « Via de la Plata » n’est pas à prendre pour « argent comptant. » Ce titre clinquant a éclipsé la vérité historique à la suite d’un malentendu, d’une confusion de termes : les Arabes l’avaient baptisée en réalité « balata » pour désigner une route empierrée, une « calzada » qui remontait à l’occupation romaine, « Iter ab Emerita Asturicam, » et non par référence à l’acheminement de métaux précieux. Cet itinéraire, après la Reconquista, deviendra « Camino de Santiago, » ou plus précisément « Camino Mozarabe » et même « Chemin du Levant » ou encore « Chemin d’Orient. »

Des qualificatifs qui évoquent immédiatement à mon esprit l’empreinte d’influences d’origine méditerranéenne. Ils laissent anticiper un dépaysement complet par rapport au « Camino Francès » par exemple ou au « Camino del Norte. »


La découverte, au fil des étapes, de cet itinéraire Nord-Sud sera d’autant plus enrichissante qu’il livre des témoignages de civilisations successives qui, au cours des siècles, ont façonné l’Espagne ; et cependant, il peut s’enorgueillir d’avoir miraculeusement préservé à l’état naturel la beauté des paysages des provinces traversées (Andalousie, Estrémadure, Castille et Leon).


J’ai choisi d’arriver à Séville pour le « Sabado Santo » et il me faut donc confesser que je n’ai guère eu le loisir de visiter les monuments ; mais j’ai vécu deux journées inoubliables, transporté des siècles en arrière par l’atmosphère de profonde et sincère ferveur chrétienne de la foule des fidèles. Muets, recueillis, respectueux, ils se laissent submerger par l’émotion au passage des processions de pénitents. Cierges, encens, roulements de tambours, sonneries de trompettes, ajoutent à la solennité du cortège. Au moment de mon départ, le jour de la « Pascua de Resurreccion, » arrive sous le porche de la Cathédrale, le char où le Christ ressuscité, mais toujours drapé dans son linceul, jaillit de son tombeau : l’évêque accueille ce cortège qui s’immobilise, et il prend alors symboliquement la direction de la manœuvre en commandant à l’aide du heurtoir figurant à l’avant du « paso » l’ébranlement et la progression de ce lourd radeau qui roule et tanguent sur les épaules des porteurs, galériens invisibles aux pieds nus.


Loin de la ville et de la foule, le chemin de sept cents kilomètres va bientôt me proposer pendant un mois un contraste saisissant : le silence et la solitude d’un environnement naturel où se déroule paisiblement un itinéraire bucolique, champêtre, pastoral. Mais l’enchaînement des étapes est aussi un trait d’union qui relie entre elles des villes sublimes où l’architecture va étaler sous mes yeux des monuments dignes de figurer au Patrimoine de l’Humanité. Séville, Zafra, Mérida, Caceres, Salamanque, Zamora, Astorga, autant de témoignages d’une civilisation qui a su s’enrichir des croyances, des systèmes de pensée et des savoir-faire apportés, colportés, par le vent de l’Histoire.


Une autre forme de contraste va progressivement se mettre en place au fur et à mesure que je m’éloignerai de l’arrière-pays méditerranéen pour gagner les provinces septentrionales continentales qui échappent à l’influence de l’océan Atlantique : schématiquement, d’Andalousie en Estrémadure, et de façon plus marquée encore à l’entrée en Castille et Leon, le changement de délimitation administrative va correspondre à un changement de paysage et de végétation. Lors de mes premières étapes, la présence des palmiers, des figuiers de barbarie tout comme celle, odorante, des orangers, me rappelle à quel point le continent africain est proche (« azahar » est mot arabe, utilisé en Espagnol pour désigner la fleur d’oranger.) Entre Zafra et Mérida, la région mérite bien son appellation de “barros” avec cette terre d’argile rouge que je foule. J’ai parcouru agréablement dans les régions et provinces du Sud des petits chemins ombragés qui parfois, entre deux murettes de pierres soigneusement empilées, s’enfoncent entre les verdoyants pâturages d’immenses « fincas » où paissent vaches et taureaux aux cornes effilées ; leurs robes noires ou fauves tranchent sur une nappe ondulante de fleurs mauves, les phacélies. (Mais jamais de « toros bravos » en liberté sur le passage de l’itinéraire balisé !) Alliés involontaires des écologistes dans la lutte contre la déforestation, les « patas negras » qui se nourrissent de glands pour me régaler de « jamon de bellota, » ont contribué à préserver l’existence du paysage traditionnel de chênes-verts et des chênes-lièges. Reconnaissante pour sa prospérité, la ville d’El Carrascalejo au Nord de Mérida arbore sur ses armoiries ses « carrascas » (chênes des garrigues) côte à côte avec la Croix de Saint Jacques. De part et d’autres du Col de Béjar (895 m) et aux alentours du Pico de las Duenas (1150 m), l’arrivée en Castille et Leon s’opère par un chemin en lacets bordé de frênes, de chênes et de châtaigniers. Ces obstacles une fois franchis, la forêt s’efface devant une plaine immense qui va s’étendre à perte de vue et dont les noms seuls traduisent l’empreinte impitoyable de la monoculture dans des régions de remembrement des exploitations : « Tierra del Vino » et « Tierra del Pan. »

Au printemps, à peine une quinzaine, me dit-on, avant l’arrivée de la sécheresse, des parterres de fleurs sauvages et de plantes aromatiques tapissent encore les bas-côtés des sentiers : coquelicots, bleuets, chardons, thym, lavande, sans oublier les cistes dont s’exhale un parfum d’encens, et qui ont donné leur nom au village d’El Real de la Jara … La nature me semble particulièrement accueillante puisque j’ai la chance de profiter d’une période où le temps est plutôt clément : la neige couronne encore la Sierra de Gredos, les gants, l’écharpe et le bonnet complètent le port de la polaire quand le départ est matinal ; changement d’accoutrement en fin de matinée pour le reste de la journée : chapeau et lunettes de soleil. Le poncho s’avèrera indispensable en Estrémadure sous une brève mais violente averse, un orage et une matinée de pluie. La température au soleil ne dépassera pas 30° et sera le plus souvent rafraîchie par un vent de face venu du Nord.


Après avoir rendu hommage à la nature pour la création de ce cadre admirable pour le voyageur à pied, il convient maintenant que je pense à remercier et à féliciter les ingénieurs, architectes et chefs de travaux romains qui surent tirer le meilleur parti de cet itinéraire tout tracé et l’aménager de façon à défier le temps sans dégrader ni détruire l’environnement. Décidés à construire selon leur habitude une « calzada » pour des raisons stratégiques dans ce territoire nouvellement occupé, ils eurent l’intelligence d’utiliser au mieux des couloirs naturels empruntés depuis l’aube de l’Humanité par les hommes et les animaux au cours de leurs migrations, par les vagues successives de navigateurs, de commerçants, et d’envahisseurs débarqués sur la côte Méditerranéenne ou venus du Nord. La « Pax Romana » imposée après la défaite d’Hannibal qui met fin aux Guerres Puniques (206 av. J.C) et la réduction des résistances indigènes autour de Zamora suite à l’assassinat de Viriathe en 139, le chantier de cette titanesque entreprise de travaux publics peut être lancé. La poussière est retombée depuis longtemps dans leur sillage, mais j’ai conscience de marcher sur les traces de tribus, de cohortes, de caravanes, et de troupeaux.

Via de la Plata !

Aun percibimos los ecos

Del recio pisar de legiones

y cohortes romanas.

Rumor de vientos

Telenicos y carpurianos envueltos en musicales

Notas de chirimias

Y de atabales.

Via de la Plata ! (1)


En effet, paradoxalement, aujourd’hui encore, le bon déroulement du pèlerinage à Saint Jacques de Compostelle repose toujours sur l’extraordinaire savoir-faire avec lequel a été façonnée cette voie de communication qui traverse du Nord au Sud la Péninsule Ibérique et qui était prioritairement destinée aux mouvements des légions romaines. Tout semble avoir été pensé, conçu, calculé réfléchi pour faciliter un déplacement à pied de longue haleine par l’itinéraire le plus direct, le plus raisonnable, le plus logique et le plus facile … compte tenu des conditions du terrain. Le tracé semble globalement rectiligne, mais ruse intelligemment avec les obstacles du relief et recherche les passages les moins malaisés à franchir. Il s’accompagne de la mise en place de nombreux gués, de la construction de ponts et du creusement de puits. La longueur des étapes a été établie en fonction de la résistance physique des troupes de fantassins, et le pèlerin du XXIème siècle suivra lui aussi ce découpage pour trouver, à la tombée de la nuit, le gîte et le couvert, après avoir rencontré en cours de route à partir d’Alcuescar les « miliarios » toujours en place pour baliser le chemin et l’amener à bon port. Ces bornes, imposantes colonnes cylindriques de granit, numérotées en chiffres … romains, et souvent gravées d’inscriptions, ponctuaient le chemin à chaque mille (c’est à dire tous les mille pas, soit une distance de … 1468 mètres !) Et si je trouve des lieux d’étape implantés tous les 35 kilomètres, c’est que cette distance de 25 milles correspondait à une journée moyenne de marche des légions impériales.

 « Caminante. Da tu corazon en la andadura y seras de la tierra sementera. » ai-je-lu à Villabrazaro.


Aujourd’hui, ce chemin connaît une augmentation marquée de sa fréquentation par les pèlerins, les randonneurs et les cyclistes ou vététistes, et les possibilités d’accueil tendent à se multiplier accompagnées de la multiplication et de la modernisation des « albergues. » J’ai rencontré trente-sept compagnons de route, en majorité espagnols ou allemands, partis pour la plupart avec l’intention de ne parcourir qu’un tronçon sur la « Via de la Plata. »


 La « Calzada Romana » survécut à la décadence de l’Empire Romain … les envahisseurs arabes, après avoir remporté à Guadalete (Andalousie) une victoire sur les Wisigoths en 711, l’empruntèrent pour remonter jusqu’aux Pyrénées avant d’être arrêtés à Poitiers en 732 ; et plus tard Al Mansour « le Victorieux, » partit de Cordoba en 995 pour s’emparer en chemin de Mérida, Caceres, Salamanque, Zamora et Astorga avant d’aller, au terme de cette chevauchée, piller en 997 Saint Jacques de Compostelle. Et je suis aujourd’hui en pèlerin, sans même trop m’en rendre compte, le même chemin que ce redoutable capitaine des Maures qui replaçait par le feu et le sang la majeure partie de l’Espagne chrétienne sous la domination musulmane ; je traverse les villes conquises, occupées, administrées pendant des siècles par ces Arabes victorieux et peut-être même, craignait-on, invincibles.


Galisteo Murailles almohades
Silence, solitude, un désert sans nulle âme qui vive, mais, dans ma tête, les images des centurions et des légionnaires évadés d’un « péplum » se télescopent avec les scènes de galopades à bride abattue de la cavalerie arabe, « fantasia » effrénée au milieu d’un nuage de poussière. Et voilà maintenant que surgissent dans le lointain les armées chrétiennes de la Reconquista, déjà victorieuses dans le Nord dès le XIème siècle et qui, finalement, après une série de revers, de défaites, de retraites, vont progressivement mettre fin à la domination musulmane et réaliser au XVème siècle l’unification de l’Espagne. La chute en 1492 de l’émirat de Grenade assiégé par les Rois Catholiques, Ferdinand II d’Aragon et Isabelle de Castille, marque symboliquement la fin de sept siècles de présence du pouvoir islamique en Espagne. La bannière d’étoffe rouge figurant en son centre le « Fils du tonnerre, » brandissant l’épée d’une main, tenant de l’autre la croix et les rênes de sa monture blanche, flotte sur la plus haute tour de l’Alhambra de Grenade. En effet, pour mener à bien cette lutte sans merci, les chrétiens s’étaient regroupés à l’échelle de l’Europe sous la bannière de Saint Jacques le Majeur, rebaptisé Santiago Matamoros (le Tueur de Maures, comme l’indiquait sans détour l’ancien nom d’ « Orden militar de los Caballerros de la Espada. »)

Heureusement, les « miliarios, » leurs copies ou leurs reproductions modernes m’indiquent régulièrement la voie à suivre, avec le concours des « flechas amarillas » des associations jacquaires locales. Et pour remonter le cours du temps, je rencontre à intervalles réguliers des jalons qui viennent utilement rafraîchir les maigres connaissances historiques que j’ai pu glaner au cours de mes lointaines études. Sur la Via de la Plata, de grandes dalles de granit ont été plantées près des sites liés à des épisodes significatifs d’une histoire bien mouvementée. La chronologie des événements se met ainsi progressivement en place dans mon esprit. Je parviens aussi à faire plus ample connaissance avec ceux qui m’ont précédé sur le chemin depuis plus de vingt siècles.

Le corridor naturel qui allait devenir la Via de la Plata était aussi parcouru par les allées et venues de multitudes de têtes de bétail : en été, les troupeaux étaient chassés du Sud par la chaleur et la sécheresse et gagnaient les pâtures plus fraîches et plus luxuriantes des montagnes du Nord. Ces migrations étaient si importantes qu’elles durent être réglementées, d’abord par les Wisigoths, et leur « Fuero Juzgo Visigodo » est considéré comme le plus ancien texte de loi de la péninsule ibérique, puis en 1273 par le roi Alphonse X le Sage qui organisa, à l’échelon national, le réseau des chemins de transhumance en créant « El Honrado Concejo de la Mesta. » Ainsi, la « Real Canada de la Vizana », appelée également « de la Plata, » acquit un statut officiel et son tracé fut défini avec précision. Tout au long de mon itinéraire, j’ai pu reconnaître ces chemins de passage des troupeaux qui peuvent porter les noms de « vias pecuarias, » « cordeles, » « veredas, » ou même « cabaneras. » Les relais de poste s’échelonnaient au bord de ces voies.


« Ya se van los pastores a la Extremadura,

ya se queda la sierra triste y oscura,

Ya se van los pastores hacia la majada,

ya se queda la sierra triste y callada,

Ya se van los pastores, ya se van marchando,

mas de quatro zagalas quedan llorando. »


Avant la découverte de l’Amérique et jusqu’à l’avènement du coton, la laine était l’une des richesses principales de l’Espagne ; la transhumance entre les vastes zones de pacage était donc une impérieuse nécessité que rien ne devait contrecarrer. Et je découvre ainsi, qu’aux yeux de certains historiens, cette réalité économique était intimement liée à la volonté de reconquête des terres occupées par les Arabes.


Dès avant la Reconquista, la découverte de la tombe de l’Apôtre en Galice avait reconverti la Via de la Plata en chemin de pèlerinage. En effet, les royaumes musulmans savaient faire preuve de tolérance à l’égard des minorités chrétiennes qui conservaient leur liberté religieuse : ces « mozarabes » donnèrent leur nom à cette « voie du sud » vers Saint Jacques de Compostelle dont la fréquentation s’accrut après la fin de la domination arabe.

Via de la Plata !

Camino de los mozarabes.

Via de resonancias conquista et reconquista,

de huestes y mesnadas,

de aceifas y algaras,

de tanidos de campana

llamando afacendera

fonsado o concejo.

Via de la Plata ! (1)


Les terres furent alors réoccupées par les chrétiens, l’ordre Militaire de Santiago assura la sécurité des jacquets en installant ses commanderies, les ordres religieux leur accueil : égrené au fil des étapes, j’ai retrouvé un chapelet d’hospices, d’ermitages, d’églises qui accompagnent le pèlerin en route vers « le Champ des Etoiles. » Première étape après Mérida, Aljucen porte un nom arabe qui signifie château-fort, mais les armoiries de la ville portent la Croix de Saint Jacques car cette ville fut (comme Calzadilla de los Barros ou Los Santos de Maimona par exemple) une commanderie de l’Ordre de Santiago, et j’ai pu lire sur le porche renaissance de l’église « la première inscription d’inspiration jacquaire du chemin mozarabe : « Santiago Apostol, Ora pro nobis. » Les fidèles peuvent se recueillir à l’église Santiago de Caceres ou de Salamanque, à l’ermitage Santiago de Casar de Caceres, à l’église Santiago de los Caballeros de Zamora. A Zafra, la façade de l’Hôpital de Santiago, qui date de 1438, comporte des éléments d’inspiration « mudéjar, » apport architectural des musulmans installés au milieu des chrétiens. A Benavente, la façade Renaissance de l’Hospital de la Piedad porte la coquille en signe de reconnaissance pour le pèlerin. Avant l’arrivée à Astorga, La Baneza est fière de pouvoir prétendre avoir construit le premier ou l’un des premiers « albergues » destinés à héberger les pèlerins de Compostelle dans l’Eglise del Salvador. Calzada de Valdunciel, autre étape symbolique comme l’indique si plaisamment son nom pour le pèlerin en quête d’éternité, voisine dans la Province de Zamora avec l’humble “pueblecito” au nom bien prosaïque d’El Cubo de la Tierra del Vino.


Via de la Plata !

Tierras de cenobios

Iglesias y monesterios

De cartas puebla

Foros y behetrias

Via de la Plata ! (1)


Voilà donc un pèlerinage singulier ; alors que le « Camino Francès » exalte dans le Nord de l’Espagne le triomphe sans partage de la Chrétienté éclipsant les autres péripéties de l’Histoire, le « Camino Mozarabe » est un creuset culturel qui a conservé la trace des métissages nés de la diversité de ses origines et de ses influences. Mosaïque de cultures, il est l’aboutissement de plus de vingt siècles « d’une tension créatrice et périlleuse entre échanges inégaux, mélanges consentis et résistances souterraines. » Voilà pourquoi je prends conscience au cours de cette marche vers le Nord que ce Chemin de la « Via de la Plata » se décrypte à plusieurs niveaux, Préhistoire, Empire Romain, Wisigoths, Conquête Arabe, Reconquista, Transhumance, et Pèlerinage vers Saint Jacques, ce qui explique pourquoi il semble si difficile de s’isoler du monde pour méditer, se recentrer, se concentrer sur sa vie intérieure … A tout instant surgissent du passé des personnages historiques et leur cortège de légendes : Ulysse, Hannibal, Trajan, Hadrien, Al Mansour, les Rois Catholiques, Christophe Colomb, El Cid Campeador, Cervantès et d’autres encore … Mais ce voyage à rebours dans le passé est l’occasion de rencontres, de découvertes : je me trouve confronté sur le terrain à une Histoire où la violence des luttes n’a nullement empêché les influences de se fondre subtilement pour aboutir à une civilisation originale en raison de la richesse de ses sources d’inspiration. Et je me suis réjoui de constater sur cet itinéraire privilégié que la nature et les réalisations humaines se côtoient et se complètent harmonieusement sans que les secondes ne détruisent ni même ne compromettent la beauté de l’environnement.


Mon témoignage n’est bien sûr qu’individuel, subjectif, relatif, c’est le résumé d’une expérience particulière, personnelle, et privilégiée à un moment donné où la météorologie s’est montrée clémente. J’en garde de souvenir d’une expérience exaltante, intéressante, enrichissante …

Et l’an prochain, Ultreïa ! Au lieu de rejoindre le « Camino Frances » à Astorga, j‘abandonne la « Via de la Plata » à Granja de Moruela pour rejoindre la tombe de l’Apôtre par le « Camino Sanabres, » toujours confiant dans cette invocation :

« En este lugar se bifurca el Camino Jacobeo para volver a encontrarse a los pies del Senor Santiago. Que en la endadura que sigas, Santiago te acompanie. »


A donde va peregrino que caminas noche y dia ?

A donde vas peregrino con bordon y con mochila ?

Salgo de Merida a Astorga por la que llaman la Via de la Plata

sin parame mas de lo que el cuerpo pida.

Recorro sierras y valles, pueblos aldeas y villas,

montes, campos y senderos, lo que en mi paso me guia.

A veces guardo silencio medito sobre la vida,

y a otras veces voy cantando las canciones aprendidas


(Romancia

data-scaytid="847">del Peregrino, Tista Rubio Nistal)


>Etape 1 : SEVILLE – GUILLENA 22,2 km - 2 : GUILLENA – CASTILBLANCO de los ARROYOS 19 km - 3 : CASTILBLANCO de los ARROYOS – ALMADEN DE LA PLATA 29,5 km - 4 : ALMADEN DE LA PLATA – EL REAL de la JARA 16,6 km - 5 : EL REAL de la JARA – MONESTERIO 20,7 km - 6 : MONESTERIO – FUENTE de CANTOS 21,8 km - 7 : FUENTE de CANTOS – ZAFRA 25,8 km - 8 : ZAFRA – VILLAFRANCA de los BARROS 20,7 km - 9 : VILLAFRANCA de los BARROS – TORREMEGIA 27,6 km - 10 : TORREMEGIA – MERIDA 16,1 km - 11 : MERIDA – ALJUCEN 16,4 km - 12 : ALJUCEN – ALCUESCAR 21,2 km - 13 : ALCUESCAR – CACERES 38,3 km - 14 : CACERES – CASAR de CACERES 13,1 km - 15 : CASAR de CACERES – EMBALSE de ALCANTARA 21,6 km - 16 : EMBALSE de ALCANTARA – GRIMALDO 21,1 km - 17 : GRIMALDO – CARCABOSO 30 km - 18 : CARCABOSO – JARILLA 29 km - 19 : JARILLA – BANOS de MONTEMAYOR 18,8 km - 20 : BANOS de MONTEMAYOR – FUENTERROBLE de SALVATIERRA 32,7 km - 21 : FUENTERROBLE de SALVATIERRA – SAN PEDRO de ROZADOS 28,2 km - 22 : SAN PEDRO de ROZADOS – SALAMANCA 23,9 km - 23 : SALAMANCA – El CUBO del VINO 35,5 km - 24 : CUBO del VINO – ZAMORA 31,4 km - 25 : ZAMORA – RIEGO del CAMINO 33,3 km - 26 : RIEGO del CAMINO – BEVAVENTE 32,3 km - 27 : BENAVENTE – ALIJA del INFANTADO 21,2 km - 28 : ALIJA del INFANTADO – LA BANEZA 21,6 km - 29 : LA BANEZA – ASTORGA 24,8 km -Total : 714.4 km - Moyenne : 24,6 km/jr

 

Guides : La Via de la Plata (Turismo Everest) & La Via de la Plata a pie y en bicicleta (El Païs Aguilar)

Mis à jour le lundi 24 février 2014
Répondre à cet article
  • 16 juillet
    03:04
    VIA DE LA PLATA
    par Marie

    Bonjour ,

    Avez vous des infos sur les anciennes stations de pèlerinage sur la route Herculae , menant au levant par carthagene ?

    La croisée de cette route est entourée de fontaines d’eau naturelles , jaillissant des roches et riches en minéraux , et donc il me semble naturel que les anciens pèlerins auraient établi des auberges dans cette région .

    En plus une fresque pour le moins étonnante vient d’être découverte dans une maison troglodyte , dans l’un des villages proche de Archena , Blanca 30540 , qui lui aussi compte une source d’eau de roche .

    Non loin de là, des bains romains ont été bâtis , mais on rapporte que certaines pierres portent des marques reconnaissables par les compagnons du bon devoir.

    Merci de nous aiguiller si vous le pouvez .

    Cordialement

    Marie Chandeleur

    Sent from my iPad

    Voir en ligne : Santiago pèlerinage